Les Defer a Dubai

Xavier, Bayane, Joanne, Alexia et Maëlle

Les Defer à Dubai

Les Defer à Dubai

mercredi 24 mars 2010

"Jeddo et Bonne-Mamy viennent à Dubaï" par Bonne-Mamy

Je deviens faineante et voici donc que cette fois-ci, c'est Bonne-Mamy qui a ecrit un texte sur leur passage a Dubai.  le voici, illustre de quelques photos.  peu de photos car avec le temps qui passe, nous en prenons de moins en moins quand reviennent ceux que nous voyons (trop peu) souvent.  En plus, j'ai oublie de downloader sur mon PC les photos de l'appareil de Maman donc... voila.  Pour une fois, vous beneficierez de plus de prose (et pas la mienne !) que d'images.




"Quand arrive le mois de mars, Jeddo et Bonne-Mamy s’en vont en visite chez leurs chers enfants de Dubaï….


Faire le voyage dans un avion d’Emirates Airline est une satisfaction profonde. Nous ronronnons dans nos larges fauteuils, les hôtesses, toute jolies, tout sourire, nous comblant de prévenance : par la grâce de notre beau-fils, nous bénéficions d’un siège en première classe … une gâterie, un petit luxe offerts, les choses se sont inversées : ce sont maintenant nos enfants qui nous les procurent : je sens confusément que c’est une étape importante dans notre parcours personnel et familial.
Xavier est là. En short et en sandales …plaisir de ces tenues bien de saison, en mars dans le Golfe, quand l’uniforme du boulot est au placard : vivement que je puisse quitter chaussures et chaussettes, écharpe et veste de laine, qui furent bien nécessaires ce matin, lors notre départ de Amman dans le brouillard.

Deux petites-filles, encore en uniforme écossais de la très distinguée Royal Dubai School, nous sautent au cou : oui, nous sentons que nous sommes bien arrivés.






La route depuis l’aéroport jusqu’à Silicon-Oasis, nous la connaissons; mais à chaque retour, nous découvrons de nouvelles cités posées sur le sable d‘hier, des kilomètres de palissades derrière lesquelles émergent les cous en mouvement, lent et bruyant, des grues au travail, des carrefours gigantesques au milieu de nulle part, où les ponts s’enjambent les uns les autres pour des routes qui s’enchevêtrent, des routes où le trafic ne ralentit pas : non, s’il est vrai que la fièvre à Dubaï est retombée, nos maris, en analystes avisés, pensent que le corps subit une dure convalescence, mais garde toute sa vitalité.
Silicon Oasis….en trois ans, les arbres ont pris de la hauteur, les haies, les buissons, les gazons, de l’épaisseur, les fleurs embaument, partout…
La maison, n°118, nous accueille, sa porte ouverte; les vélos, les patins, et tout un petit bric à brac de matériel sont appuyés là, contre le mur ouvert de l’abri-garage, sans crainte de vol ou de vandalisme…
J’aime beaucoup l’architecture de ces maisons, un peu trapues, auxquelles les colonnades du portique donnent de la légèreté; le bandeau très blanc et un peu en retrait, éclaircit le crépi beige-sable et accentue les formes et les volumes, et puis, l’espace jardin que chacun a planté à son goût leur alloue une touche d‘individualité : chez les Defer, les bougainvilliers, un peu chétifs, l’an dernier, couvrent maintenant de longues branches aux fleurs multicolores l’entièreté du très haut mur du fond qui paraissait écrasant… quand les flamboyants daigneront fleurir, les siestes dans la balancelle feront rêver, des rêves de paradis.




Le matin, nous descendons sans nous presser prenant prétexte du décalage horaire que nous ne tenons pas à apprivoiser pour si peu de temps ! Chacun est déjà en route; les petites-filles ont pris le bus pour l’école depuis l’aube, Bayane est à la gym, ou au tennis, Xavier fait son jogging, ou, parti au milieu de la nuit, survole des terres lointaines…

La terrasse est à l’ombre et le petit dèj pris au jardin n’en est que meilleur. Kamal fait le café, je sais où trouver pain, miel et fromage …nous nous sentons des habitués. Merci nos enfants.




En retirant nos valises de la voiture, Bayane s’est écriée :« Quoi ? Deux énormes malles pour vous deux ? Vous comptez rester un mois,….quelle bonne idée … » Commentaire très gentil de sa part. Mais pas tout à fait approprié car, au dessus de la mince couche de T-shirts et pantalons de toile amenés, il y a ..trois énormes Tupperware bien fermés contenant 46 kousas mahchis avec leur jus, et leur verdure, que j’ai creusés, farcis et cuits la veille en prévision de notre premier repas là-bas….pour les apéritifs des demoiselles, nous n’avons pas oublié leurs pistaches et amandes favorites….


Surprise merveilleuse : Shady, en déplacement en Oman cette même semaine, sera à Dubai ces deux jours suivants et viendra souper avec nous. Autour de la table de la terrasse, à la lueur des bougies, dans la douceur embaumée du jardin, ces retrouvailles inattendues font chaud au cœur des parents….et les kousas mahchis ont, j’espère, satisfait les estomacs de nos enfants.






Joanne a cédé sa chambre à Jeddo et Bonne Mamy. Je vais lui donner le bisou du soir dans sa petite chambre à côté de la buanderie : merci Joanne et je suis triste de te savoir reléguée loin de nous. Mais je sais que tu le fais de bon cœur : avec ta gentillesse discrète, quand nous nous installons chez toi, tu nous ouvres les armoires libérées pour nous, veilles au nombre de porte-manteau, à la présence de serviettes, de shampoing et même d’un séchoir …tu me montres ta bibliothèque, et tes romans préférés…
Et nous sommes bien, allongés sur le lit agrandi, entourés de papillons qui volettent sur le mur, dans ces coloris de printemps très charmants …nous dormons paisiblement, nous nous sentons rajeunis, presque des « jeunes grands-parents »…






Vendredi, jour de congé…Xavier propose une sortie du bateau en mer…c’est le branle bas de combat : les gilets de sauvetage, la grosse bouée, les sacs avec l’huile solaire, les lunettes, les serviettes, le parasol, le pique-nique, l’eau à boire, l’eau de rinçage, etc, etc. Nous nous souvenons des sorties en mer d’Abu Dhabi avec les enfants petits dans le bateau de nos amis Pegaz …C’était en 1980 …30 ans plus tard, nous revivons ces moments restés si intenses dans ma mémoire …


L’île où nous accostons fait face à la corniche de Dubaï et sa rangée de buildings qui se dressent dans une brume légère. Le soleil tape dur et après une bonne nage dans l’eau encore fraîche, nous nous pressons à l’ombre du parasol. Sandwiches, repos et encore nage et jeux dans l’eau.



L’après-midi s’achève, nous reprenons la route du port, nous sentons le sel nous tirailler la peau. Même Kamal qui n’a « pas mis de crème » sur sa peau bronzée d’origine est gratifié d’un bon coup de soleil sur le dos et la poitrine….
Ensuite, il faut bien « ranger, rincer et remiser le matériel », le bateau, sur sa remorque, après nettoyage au tuyau, repose à l’abri du garage. .
Ah oui, quelle bonne et belle journée. Ah non, je ne suis pas déçue. C’est aussi vivifiant que dans mon souvenir.






Le Carrefour est un endroit inévitable : il faut bien manger tous les jours, n’est-ce pas? Et d’ailleurs, c’est là qu’on trouve du bon pain « comme chez soi ». Tandis que Bayane fait les achats basiques (du style savon, papier Q, shampoing, sucre etc) je cours de rayons en rayons : celui des poissons, des crevettes, des langoustes, celui des mangues, des papayes et des ananas, et celui des légumes qui me surprend particulièrement : les aubergines de Jordanie à 5 Dhs le kg côtoient les aubergines de Hollande à 25 Dh le kg. : du simple au quintuple !!! Et il en va de même pour les tomates, le persil, les poivrons, les oignons verts ; et je sais moi combien ces produits de Jordanie sont nettement plus goûteux, au moins mûris au soleil et cultivés dans de la vraie bonne terre …Que ces expats sont chauvins et méfiants …car qui d’autres que des expats peuvent acheter des aubergines à 25 Dhs le KG ?
Les après-midis, la chaleur tombe et le jardin est parsemé de grandes zones d’ombre : il fait bon se laisser vivre dans la balancelle. Les petites-filles sont revenues de l’école. Les devoirs achevés à la grande table du salon (Bayane veille), c’est un va-et-vient d’enfants du voisinage de maisons à maisons, de jardin à jardin. Le chat peut sortir et se roule sur le gazon. Kamal et Maëlle se racontent des mots en arabe. On va jusqu’à la piscine, avec l’une ou l’autre, Maëlle ou Alexia, on prend un petit bain, pas trop long, car pour elles, ce n’est plus une nouveauté… On passe par le Spinneys : il manque un citron, le paquet de café est terminé …Le retour est une agréable promenade : la brise est douce, les ombres s’allongent sur les maisons qui prennent des teintes de cassonade, de pain d’épice, de miel …


Et tout à coup la nuit est là….D’ailleurs, c’est l’heure des bains, du souper à mettre en route, et puis, très vite, bonsoir et bisous, bonne nuit et dodo…Abrège les massages aux pieds, Bonne Mamy, ou alors, commence plus tôt..il est 7h et demie…elles doivent dormir, demain, debout à 6H ….
Et ces soirs-là, Bonne Mamy va de lit en lit, sans bruit surtout, et doucement, passe les doigts sur les plantes de pieds offertes, avec une parole qui calme et endort, dit-elle pour se justifier, puis un bisou tendre dans le noir à ses petites-filles très affectueuses, très aimées.


La semaine arrive à son terme. Les bisous et calins sont un peu tristes, ce dernier soir. Boucler les valises ( les Tupperware aux kousas sont remplacés par la casserole de riz électrique )…Au revoir, chers Enfants, merci pour tout, merci pour nos petits enfants que nous voyons grandir « en taille et en sagesse ». Venir, partir, c’est notre lot et nous aimons cela car, à chaque visite, nous emmagasinons votre affection et du bonheur. A bientôt donc….

1 commentaire:

Pat a dit…

C'était un vrai plaisir de vous lire Bonne Mamy. Je découvre la vie de famille de Bayane et Xavier sous un autre angle et toutes les descriptions de la maison, des paysages, de la douceur des calins du soir d'une grand-mère à ses petites filles... Que du bonheur et une réelle fierté.

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