Un jour, vers le mois de février, Bonne-Mamy nous envoie un
de ces mails dont elle a le secret. Un
mail avec des idées folles et
des propositions qui le sont plus encore !!!
Son groupe
des « wadis drivers » organise une descente du Wadi Ghweir, non pas
en voiture comme leur nom l’indique, mais à pied…. Avec nuit dans un « camp »
avant et après ; je cite son mail « si les enfants ont
congé à cette époque, qui voudrait venir passer ces jours en Jordanie ? »
Il s’avère que indépendamment du fait que ce soit l’Ascencion,
ce qui à Dubai ne veut rien dire, ce week-end-là, Alexia et Maëlle ont 2 jours
de congé supplémentaires pour la mi-trimestre.
Je réponds donc présentes, pour mes 2 cocottes et
moi. Joanne, qui a eu la chance d’aller
en Jordanie en Novembre avec son papa mais sans nous, restera à Dubai car elle,
elle a école. Je prends vite des billets pour ne pas rester en rade à l’aeroport
comme cela nous était arrivé en novembre et nous voilà en gagées dans l’aventure.
La description de la promenade que je reçois par la suite
me stresse un peu : 7h de marche, 16k, de descente, les petites jambes de ma dernière survivront-elles ?
Elle n’aime pas trop marcher et son père ne sera pas là pour la porter au cas
où. Par contre, le fait de marcher les
pieds dans l’eau, voire de devoir se mouiller jusqu’aux fesses pour certains
passages joue plutôt en positif et donne envie aux filles de tenter l’aventure !!! Bonne-Mamy me rassure en me disant que si
elle est capable de tenter l’aventure à plus de 70 ans, ma demoiselle de près
de 9 ans devrait y arriver, je ne suis pas sûre d’y croire, Maman tient une
telle forme !!!
Nous voilà donc à ce fameux week-end de mai. Papa et Maman ont quitté Dubai hier, Papy et
Nany ce matin et nous…. aussi !! un
vol tôt le matin nous permet d’arriver chez les Masarweh de Karak : mes
oncle et tante Samia et Jamal, ma cousine Majda et son mari Pavlé dès 11h. On se pose, on défait les valises et refait
un sac plus petit, on mange (des kousas mahshis et des waraq dawalis, en français
des courgettes farcies et des feuilles de vigne, mon repas préféré de tous tous
tous en Jordanie), on papote, on est heureux de se retrouver et dès 16h, nous voilà
repartis vers le lieu de campement.
On
roule, on roule, et on arrive à destination sans même se tromper… ce qui est un
peu un exploit car entre Maman et moi, y en a pas une pour rattraper l’autre en
ce qui concerne le manque de sens de l’orientation. Ceci dit, par contre, on sait lire une carte
et maman connait quand même un peu tous ces coins.
On arrive donc au campement, il est composé de petites
maisons en dur, petites maisons mi-dur mi-tente en poil de chameau ou de chèvre
et de tentes façon Tipi. Maman et moi
héritons d’une cabane avec toit en poil de chèvre et les 2 filles d’une tente
ronde. Le paysage est splendide, nous sommes
au bord d’une faille impressionnante et au coucher du soleil, c’est de toute
beauté. Alexia se croit au
sommet du monde « I am the King of the world…. » crie-t-elle
de son perchoir, avant de partir en exploration le long de la paroi (glup) dans
des grottes de chèvres….
Peu à peu, tout le groupe, une petite quarantaine, avec
pas mal de jeunes et enfants arriveet après le coucher du soleil, nous nous
retrouvons à la tente-réfectoire où nous sortons les apéros amenés par les uns
et les autres : saucisson-vin-bières et chips en tous genres. Après cela ; je dois reconnaître que je
n’ai plus très faim pour le repas simple de viande au bbq et de salades prévus
par l’organisation du camp.
La nuit est un peu dure, non Maman n’a pas ronflé mais
les lits sont mous, avec des bosses et il ne fait pas chaud à cette altitude (un
bon 1000m). Lever avec le soleil pour
tous, les sanitaires ont du mal à faire face au nombre important que nous
sommes, il faut dire que 4 douches et 4 toilettes à la turque pour tout le
camp, c’est un peu peu. Petit déj à l’arabe :
hommos, œufs durs, falafel et confiture de fraise… heureusement que là encore,
certains ont prévu le coup et amené croissants de chez Paul (si si y en a un à
Amman aussi), brioche faite maison, pot de Nutella, qui font le bonheur de tous
et surtout de mes filles !!!
On prépare son sac pour la journée, on empoigne au
passage le petit baluchon-sac plastique qui contient notre pique-nique prévu
par le camp et nous voilà en bus pour aller au point de départ.
Alexia a trouvé des amis parmi les jeunes et je ne la
vois déjà plus, elle vit sa vie. Maëlle
a moins de chance de ce côté-là et reste un peu cramponnée à moi avec un peu d’appréhension
sur ce qui va venir. Il est 8h du matin
et à cette altitude, nous avons un peu froid. Mais très vite le soleil tape et
au fur et à mesure que nous descendons le Wadi, nous perdons de l’altitude et
gagnons des degrés.
Le paysage est splendide, les lauriers-roses en fleurs,
tapissent le Wadi, les parois de la faille sont parfois rouges et suintent tellement d’humidité à certains endroits que
des fougères y poussent. Comme prévu,
nous devons parfois frayer notre chemin entre des gros rochers, sauter dans des
trous d’eau en essayant de garder les sacs au sec. Les messieurs sont bien galants et aident à
chaque passage difficile, l’un deux se tient à l’arrière du groupe et attend
systématiquement ceux et celles qui sont plus lents.
Arrêt pour le repas, au menu : tomate, concombre,
une boite de thon, et du pain arabe...
- Maman, comment je pèle mon concombre ? - tu le manges avec la peau ma chérie !! - beurk… - attends viens ; dit un jeune homme galant, je vais
te le peler. En voilà une qui a compris comment se faire servir par
les garçons !!! Vous êtes surs qu’elle n’aura que 12 ans demain ?
Les guides nous font du thé, en faisant un feu avec
quelques bois et après un bon arrêt, on est repartis !
Le terrain devient plus plat, nous approchons de notre
point d’arrivée, quasi au niveau de la Mer Morte, en dessous donc du niveau de
la mer et il fait TRES chaud. Heureusement
que nous marchons encore dans l’eau, cela rafraîchit les pieds et nous permet d’y
tremper la casquette pour se mouiller le crâne, ce qui est bien agréable. Ceci dit, les troupes fatiguent !!!
Enfin, après une dernière heure un peu pénible, nous
arrivons en vue des camionnettes pick-ups qui nous attendent, avec à leur bord
d’immenses pastèques qui nous font un bien fou et qui font le bonheur des
chèvres qui sont là et sont toutes contentes de récupérer nos peaux de
pastèque. Les pick-ups nous conduisent à
la route et aux bus qui nous ramènent au camp en 2h d’une route de montagne qui
tournicote et dans une chaleur un peu éprouvante, pas d’airco comme à Dubai !
Après un bon repas, et une nuit plus ou moins réparatrice,
on se lève et on découvre…. les courbatures laissées par tout cet effort…
essayez d’utiliser des toilettes turques avec des courbatures de la mort aux mollets….
Waouh…
Maman détient le record de la personne la plus âgée du
groupe mais certainement pas celui de la plus lente, bien au contraire… ceci
dit, comme dirait un de mes amis, « les plus lents sont ceux qui ne sont
pas venus et sont restés dans leur lit aujourd’hui !!!! ». Donc chapeau bas à toutes les personnes
présentes qui ont courageusement marché ces 16km pendant 7h de descente et en
particulier à ma puce qui a été très courageuse et n’a presque pas pleurniché
ou râlé. Oui, à toi aussi Alexia, mais il faut dire que la compagnie présente t’a
bien motivée, et t’a un peu porté ton sac ;-)
De retour à
Karak, on s’effondre et on ne fait plus RIEN enfin presque, je dois quand
même en profiter pour refaire des papiers officiels et organiser l’anniversaire
d’Alexia.
Elle fête
donc ses 12 ans une première fois, entourée de sa marraine Majda et de ses
grands-parents et sa famille jordanienne.
Ils sont toujours tellement pleins d’affection et d’amour pour nous !
Le lundi, nous
reprenons l’avion et note petit trip est déjà terminé. Ouf, retour au boulot pour se remettre de
toutes ces émotions !
1 commentaire:
Quel périple ! Et quelles belles photos ;)
Vous en avez eu de la chance !
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